Dimanche 23 août 2009 7 23 /08 /2009 18:42

Qui a dit que les banques ne prenaient aucun risque ? Elles sont au contraire nombreuses à développer des fonds spécialisés durables. Lesquels ? Comment les séduire ?

Ceux que l’ont taxe d’ordinaire de frileux face aux projets novateurs ont mis au point depuis dix ans des fonds spéciaux. Soyons honnêtes : les banques y ont été légèrement incitées par l’obligation légale qui leur est faite de répondre de leurs propres activités « durables ». Une « morale » qui n’a rien de nouveau : les Quakers avaient, dès les années vingt, décidé d’investir leur argent dans les entreprises respectueuses de certaines valeurs morales et éthiques (les sin stocks). Pas un penny à la production de tabac, d’alcool ou aux jeux d’argent. Depuis les années 90, ces scrupules ont pris le nom d’ « investissements socialement responsables » (ISR), plutôt dans les pays de culture anglo-américaine avant de se répandre à travers le monde. Mais la tendance, désormais, n’est pas tant à l’exclusion des placements qu’à la recherche positive des valeurs sur lesquelles investir.

Aujourd’hui il existe quelque 175 fonds ISR en France, contre une trentaine en 2001. Sous la pression des consommateurs, la plupart des banques ont développé ces fonds spécialisés.

Dans le futur, l’approche ISR va écarter la plupart des compagnies pétrolières sauf si elles diversifient leur production avec des énergies plus « durables » donc moins émettrices de CO², comme le gaz et/ou les énergies renouvelables. Les fonds ISR savent aussi pointer du doigt les limites du développement durable et de la globalisation en soulignant les effets pervers du modèle low cost.

Cet embrouillamini a déclenché, il y a deux ans, l’apparition des premiers fonds ISR dits « thématiques », plus attractifs pour le grand public parce que plus lisibles. Tels les fonds « verts », investis dans les sociétés qui contribuent directement au développement des énergies renouvelables ou à la revalorisation des déchets.

Le suisse Robéco propose ainsi un Sustainalbe Climate Fund ou un Smart Energy Fund. Fortis à crée un fond Environment Sustainable World. La banque française Palatine a ouvert un fond Climat et Environnement depuis février 2008. D’autres entreprises se sont spécialisées pour soutenir les services liés à la production d’eau, à l’assainissement ou à la potabilisation. Pour preuves, la banque suisse Pictet et son Water Pictet Cap, Natixis avec son explicite H20, ou le Crédit Agricole fort d’un Aqua Global. Ce dernier, vient de rajeunir en outre son offre ISR avec une pondération environnementale plus forte en ajoutant des « prêts environnement » à destination des entreprises.

La banque Triodos, néerlandaise, investit l’argent de ses clients particuliers uniquement dans les entreprises qui répondent à des normes sociales et écologiques sévères. L’agriculture biologique, y compris l’élevage ne sont que deux des nombreux domaines explorés. Triodos a été élue « banque durable de l’année » par un jury international.

Publié dans : Eco-data...
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