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La TED-Conference : affaire d’intelligence



Créée en 1984 par l’architecte et graphiste Richard Saul Wurman,
la TED Conference, baptisée le « Davos des optimistes » se tient une fois par an à Los Angeles. Une espèce de fusion de tout ce que les mondes de la technologie, de l’entertainment et du design comptent de plus brillant sur les thèmes les plus variés – la substance des choses que l’on ne peut pas voir, le génie créatif, la consommation post-crise, ou bien l’importance d’une boîte de tours de magie.

La première édition, il y a vingt-cinq ans, fut marquée par la présentation de produits futuristes : Macintosh et le premier CD Sony. Le rythme n’a jamais baissé. Au fil des années se sont succédé les gens les plus brillants, musiciens, rock-stars, chercheurs ou illustres inconnus. Chacun a dix-huit minutes pour présenter une idée susceptible de sauver la planète. Mais aussi enchanter un public particulièrement haut de gamme. Car les mille cinq cents participants, soigneusement sélectionnés sur dossier et parrainés par les habitués, doivent eux aussi prouver qu’ils sont remarquables et pas seulement fortunés.

Il faut verser 6 000 dollars pour participer au programme qui se déroule durant 4 jours.

Dominique Piotet, le patron de L’Atelier North America (cellule de veille de BNP Paribas), fan inconditionnel de TED explique : « En quatre jours, on vous présente ce que vous pouvez imaginer de mieux partout dans le monde. En dix-huit minutes chacun, les intervenants vous ouvrent l’esprit de manière absolument surprenante et cassent l’essentiel de vos idées reçues. Vous en ressortez bouleversé et avec le désir d’agir ». « Être dans la salle est encore plus enrichissant que de monter sur la scène de TED », raconte le rappeur Emmanuel Jal, ex-enfant soldat du Soudan, qui a rappé pour les TEDsters et a obtenu leur soutien pour l’aider à construire une école dans son pays.

Le temple de l'éloquence

Chris Anderson, ancien éditeur du magazine Business 2.0, a racheté TED en 2002 via sa fondation. « Ce qui me fascine chez TED c’est la profondeur des conversations et la passion qui anime participants et intervenants. À TED, on parle de choses et d’idées qui méritent d’être propagées. Dans un paysage médiatique caractérisé par l’absence de passion, d’intelligence et de défis, TED est donc un événement exceptionnel. » « C’est aussi le seul endroit où je peux avoir une conversation avec une Cameron Diaz à l’aise et pas sur ses gardes », renchérit Steven Levy, journaliste au mensuel Wired.
Selon lui, le mélange des stars et des geeks marche à merveille, car TED, malgré son élitisme, a un côté égalitariste. La conférence met aussi l’accent sur le social. Créé en 2005, le prix TED récompense chaque année trois individus, qui reçoivent 100 000 dollars pour réaliser un vœu. Bono, le chanteur qui veut sauver l’Afrique, ou encore Dave Eggers, l’écrivain qui veut éduquer les enfants américains, comptent parmi les lauréats.

Lorsque Chris Anderson et son équipe choisissent les intervenants, ils ne leur demandent qu’une seule chose : qu’ils donnent la meilleure présentation de leur vie.

Affaire d'intelligence

TED l’élitiste cherche donc à se démocratiser. Chacun peut aujourd’hui prétendre au statut envié de TEDster. « Toutes les quatre minutes, mille personnes visionnent un de nos discours sur TED.com », affirme Chris Anderson.

Quoi de plus étonnant que de voir John Doerr, l’un des associés du plus grand fonds d’investissement de la Silicon Valley, verser une larme en expliquant pourquoi sa génération a contribué à détruire la planète ? Ou d’être assis à quelques mètres de Bill Gates, peu connu pour faire des farces, lâchant un bataillon de moustiques sur un public médusé, sous prétexte qu’il est injuste que les pauvres soient les seules victimes du paludisme. L’enjeu est de sauver l’humanité, et plus de refaire le monde.

Il y a des règles et des principes sacrés, comme celui de ne jamais parler de business. Se vendre y est considéré comme vulgaire, même si la majorité des TEDsters avoue s’y rendre en partie pour tisser des réseaux dans les couloirs et lors des repas formels et informels. « On va à TED pour inspirer les autres et non pas pour parler de soi. Il s’agit de quelque chose de très intellectuel et presque spirituel », assure Dominique Piotet. « Les gens de TED sont par définition une élite, puisqu’il s’agit d’un petit groupe. Mais c’est une élite qui n’est pas choisie en fonction de critères comme la richesse, la beauté ou le pouvoir », souligne Alain de Botton. À TED règne l’intelligence.

Source : Figaro Madame 

Publié le 12/12/2009 à 22h41 dans Green business...

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